Family law · 7 min
Major v. Lacey : quand une longue relation n’est pas assimilable à une union conjugale
La Cour suprême de la Colombie-Britannique a examiné une relation exclusive d’environ 18 ans et conclu que les parties n’étaient pas des conjoints au sens de la Family Law Act.

La durée ne suffit pas à établir le statut de conjoint
Major v. Lacey, 2026 BCSC 1362 portait sur une relation d’environ 18 ans. Les parties étaient exclusives, passaient beaucoup de temps ensemble et partageaient certains aspects de leur vie. Elles ont néanmoins conservé des résidences séparées à Montréal et à Vancouver et n’ont jamais établi de domicile commun.
La Cour suprême de la Colombie-Britannique a conclu qu’elles n’étaient pas des conjoints au sens de la Family Law Act. La durée et le sérieux d’une relation ne suffisent donc pas, à eux seuls, à démontrer une vie commune dans une relation assimilable au mariage.
Une analyse contextuelle et globale
Les tribunaux n’appliquent pas une liste mécanique. Ils examinent notamment le domicile et l’organisation du ménage, la continuité et l’exclusivité, le soutien financier et l’interdépendance, la manière dont les parties se présentent à leur entourage et aux institutions, l’engagement affectif, les projets d’avenir et la planification successorale.
Aucun facteur n’est toujours décisif. Les relations contemporaines prennent diverses formes et n’ont pas à reproduire un mariage traditionnel. L’exigence légale de cohabitation doit néanmoins être établie par la preuve.
Une preuve allant dans les deux sens
La longue relation exclusive, les voyages, la compagnie, certains liens financiers et des choix successoraux militaient en faveur du statut de conjoint. Une partie avait aussi signé une déclaration destinée à Air Canada désignant la relation comme une union de fait.
À l’inverse, les parties conservaient deux résidences dans des villes différentes, ne passaient qu’une partie de l’année ensemble et n’avaient pas créé de ménage commun. Même lorsque certains obstacles pratiques ont disparu, elles n’ont pas réuni leurs foyers. La Cour a comparé les documents avec leur mode de vie réel et a rejeté la demande fondée sur le statut de conjoint.
Les documents et la conduite réelle comptent
Une formule qui désigne une personne comme conjoint peut être pertinente, mais son objet et son contexte le sont aussi. Il en va de même des testaments, des désignations de bénéficiaires, des comptes conjoints et des dépenses partagées.
Une appellation utilisée à des fins administratives ne signifie pas nécessairement que les conséquences familiales ont été comprises. À l’inverse, des comptes ou des domiciles séparés n’excluent pas automatiquement une relation conjugale lorsque l’ensemble de la preuve établit la cohabitation et un partenariat de nature conjugale.
Conséquences pratiques
Le statut de conjoint peut influer sur le partage des biens, la pension alimentaire, les droits successoraux et les délais. Il ne faut pas présumer qu’une longue relation crée ou évite automatiquement ces conséquences.
Les baux, titres de propriété, adresses officielles, documents financiers, communications, habitudes de voyage, assurances, documents successoraux et témoignages de proches peuvent être utiles. Major v. Lacey ne signifie pas que des partenaires ayant deux domiciles ne peuvent jamais être conjoints; la conclusion dépendait de la preuve propre à cette relation.
Source et avis important
- Cour suprême de la Colombie-Britannique : Major v. Lacey, 2026 BCSC 1362 — https://www.bccourts.ca/jdb-txt/sc/26/13/2026BCSC1362.htm
Le présent article fournit de l’information juridique générale et non un avis juridique. Le caractère conjugal d’une relation est une question juridique propre aux faits; toute personne concernée devrait obtenir un avis sur sa situation et les délais applicables.
Sinclair Centre Law
Commencez par une première conversation.
Indiquez la nature générale de votre dossier et toute échéance urgente. N’envoyez pas de documents confidentiels avant confirmation du mandat.
