Droit de la famille · 3 min
Qui garde l’animal après la séparation ? Les enseignements d’un nouvel appel en C.-B.
Un litige concernant un chat distingue l’entente volontaire de partage de ce qu’un tribunal peut ordonner lorsque les ex-conjoints ne s’entendent pas.

Pour bien des couples, l’animal fait partie de la famille. Cela ne permet toutefois pas au tribunal d’imposer un horaire comparable au temps parental d’un enfant. La Family Law Act de la Colombie-Britannique prévoit un cadre de propriété propre aux animaux de compagnie.
Myers v Maundrell, 2026 BCSC 1959, concernait un chat nommé Toddward. La Cour suprême de la province a rejeté l’appel d’une ordonnance de la Cour provinciale attribuant sa propriété exclusive à l’un des anciens conjoints.
Comment le différend est arrivé devant le tribunal
Les parties avaient adopté Toddward pendant une union de fait. Après la séparation, elles ont tenté de partager les périodes de présence du chat, sans parvenir à maintenir cet arrangement. Elles ont alors demandé au tribunal de déterminer la propriété.
La juge a expliqué qu’elles pouvaient conclure leur propre entente, mais que la loi ne lui permettait pas d’ordonner une propriété ou une possession partagée. Elle a attribué le chat à M. Maundrell. Mme Myers a fait appel.
Les facteurs pertinents
L’article 97(4.1) exige notamment de considérer les circonstances d’acquisition, les soins donnés par chacun, la violence familiale et ses risques, la cruauté, les liens avec les enfants et la volonté et capacité de répondre aux besoins fondamentaux de l’animal. D’autres circonstances pertinentes peuvent aussi compter.
La plupart des facteurs ne favorisaient ni l’un ni l’autre. La décision reposait donc sur d’autres constatations : le chat avait été laissé au défendeur sans date de retour; les documents de propriété avaient été modifiés; une déclaration de disparition risquait de nuire aux soins vétérinaires.
Ces constatations découlaient de la preuve particulière, non d’une liste déterminant tous les litiges animaliers. Le tribunal saisi de l’appel a conclu que le dossier pouvait les soutenir.
Pourquoi l’appel a échoué
Un appel ne consiste pas à demander à un autre juge de préférer sa version des faits. Les constatations contestées exigeaient une erreur manifeste et dominante, c’est-à-dire identifiable et suffisamment importante pour influer sur l’issue.
La Cour suprême n’en a trouvé aucune. Elle a également jugé les motifs suffisants : malgré leur brièveté, ils expliquaient les règles, les constatations et le résultat.
Le jugement applique le régime existant. Il ne crée pas une nouvelle « garde » des animaux et ne transpose pas à ceux-ci le critère légal de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Conseils pratiques
- Conservez les documents d’adoption, dossiers vétérinaires, reçus et échanges sur les soins.
- Gardez les renseignements d’enregistrement et de micropuce exacts; ne les modifiez pas pour obtenir un avantage.
- Évaluez si une entente volontaire claire et viable est réaliste.
- Renseignez-vous sur les ordonnances possibles avant une demande ou un appel.
Ce que deux personnes acceptent volontairement n’est pas nécessairement ce qu’un tribunal peut leur imposer. Cette distinction aide à envisager un règlement réaliste.
À retenir
La preuve et les facteurs légaux sont plus utiles qu’un débat sur qui aime davantage l’animal. Sinclair Centre Law LLP conseille les clients sur les ententes de séparation et les différends familiaux en Colombie-Britannique. Contactez-nous pour intégrer cette question aux autres arrangements liés à votre séparation.
Source et prochaines démarches
Sinclair Centre Law
Commencez par une première conversation.
Indiquez la nature générale de votre dossier et toute échéance urgente. N’envoyez pas de documents confidentiels avant confirmation du mandat.
